Round 3/3 · 18 interventions · 6 orateurs/round
Confrontation entre le droit a l'oubli numerique (art. 17 RGPD) et la liberte d'expression/droit a l'information (art. 10 CEDH). Le debat mobilise le droit civil (art. 9 C.civ., vie privee), le droit penal (secret de l'instruction, presomption d'innocence), le droit du travail (discrimination a l'embauche), le droit europeen (RGPD, CJUE Google Spain) et le droit economique (cout de la mise en conformite). Question centrale de la societe numerique contemporaine.
Le droit a l'effacement est un droit fondamental ancre dans l'art. 9 C.civ. et l'art. 17 RGPD. Les consequences concretes (discrimination a l'embauche, atteinte a la reinsertion) justifient un renforcement du dispositif et des sanctions plus lourdes contre les moteurs de recherche.
L'art. 10 CEDH protege aussi le droit du public a etre informe. Le droit a l'oubli ne peut devenir un droit a recrire l'histoire. La presomption d'innocence (art. 9-1 C.civ.) est le vrai cadre protecteur.
La CNIL et le Conseil d'Etat disposent deja des outils necessaires. Le probleme est l'effectivite de l'execution des decisions, pas l'insuffisance des textes.
Le cout de la mise en conformite (150 Mds EUR/an selon France Strategie pour les discriminations) et la competitivite europeenne face aux GAFAM doivent guider le legislateur. Risque de sur-regulation.
Le debat met en lumiere une tension irreductible entre deux droits fondamentaux de valeur egale. La tendance majoritaire reconnait que le cadre juridique existe (RGPD, jurisprudence CJUE) mais souffre d'un deficit d'effectivite majeur. Les propositions convergent vers un renforcement de l'execution des decisions (astreintes, sanctions financieres proportionnelles au CA), plutot que vers de nouveaux textes. L'approche europeenne s'impose face au caractere transfrontalier du probleme, rendant toute solution purement nationale illusoire.