Round 3/3 · 18 interventions · 6 orateurs/round
Debat fondamental sur l'adaptation du droit de la responsabilite civile a l'intelligence artificielle autonome. Les enjeux couvrent le droit civil (art. 1240-1242 C.civ.), le droit administratif (responsabilite sans faute), le droit penal (imputabilite), le droit fiscal (financement), et le droit europeen (AI Act, directive responsabilite IA). Sujet d'une actualite brulante avec l'entree en application du reglement IA en aout 2026.
Le droit commun est conceptuellement inadapte : l'IA autonome n'est ni une 'chose' gardee (art. 1242), ni un auteur de faute (art. 1240). Un regime de responsabilite objective inspire de la loi Badinter et de la jurisprudence administrative (CE Cames 1895) s'impose.
L'article 1242 al. 1er et les presomptions du fait de l'homme (Cass. 1re civ. 22 mai 2008) suffisent. La plasticite jurisprudentielle du Code civil a deja absorbe la revolution industrielle, l'automobile et Internet.
Le debat franco-francais est depasse : l'AI Act (reglement 2024/1689), la directive responsabilite IA et la CJUE imposeront un cadre unifie. La France ne peut legiferer isolement.
Les regimes existants (AT/MP, obligation de securite de resultat de l'employeur, art. L4121-1 C.trav.) couvrent deja de nombreuses situations. Privilegier l'adaptation sectorielle plutot qu'un regime general.
Le debat revele un consensus quasi-unanime sur l'inadequation du droit commun de la faute face a l'IA autonome. La tendance majoritaire privilegie un regime de responsabilite objective de l'exploitant, inspire de la loi Badinter et de la jurisprudence administrative centenaire. Toutefois, les divisions persistent sur le vehicule legislatif (regime general vs. sectoriel) et le financement. L'entree en application de l'AI Act en aout 2026 rend une intervention legislative francaise urgente, sous peine de laisser le juge construire seul un edifice normatif incoherent.